Faut-il désirer l’impossible?
Faut-il désirer l’impossible?
Esquisse de dissertation.
Désirer l’impossible, c’est intensifier le réel, et se donner la puissance de désirer et de concevoir de nouveau champ d’application au désir.
I) Le désir et le réel.
a. Désirer ce que l’on peut, c’est désirer dans les limites.
b. Se rendre impossible l’impossible c’est ne pas prendre en considération le caractère temporelle de l’impossible. Ce qui est impossible aujourd’hui ne l’est pas forcément demain.
c. Mais on considère toujours que le désir est un calcul de ce qui est Possible. Réponse de Descartes dans le Discours de la méthode.
Transition : Rappeler les limites du désir et l’impossibilité qu’il y a à désirer l’impossible donne un pourvoir de discernement, car le sujet désirant peut concevoir ce qu’il peut désirer en fonction de ce qu’il est en pouvoir de désirer. Cette formule du désir peut être considérée comme tautologique et ne semble pas exploiter le critère de différence de potentiel ailleurs que dans la confirmation d’une impuissance face à une réalité à partir de laquelle mon désir ne peut être que limité. On ne maîtrise ses désirs que dans la mesure où l’ordre du monde nous contraindrait à les maîtriser afin que « lorsque nous serons privé sans notre faute, que nous avons de ne pas posséder les royaumes de la Chine ou du Mexique ; et que faisant, comme on dit, de nécessité de vertu, nous ne désirons pas d’avantage d’être sains en étant malades, ou d’être libres en étant en prison, que nous faisons maintenant d’avoir des corps d’une matière aussi peu corruptibles que des diamants, ou des ailes pour voler comme les oiseaux ». Comme le disait Descartes dans le Discours de la méthode. Est-ce que l’impuissance à conformer son désir à l’impossible ne configure pas une vision statique de l’ordre du monde? Ne peut-on pas précisément investir la puissance de conception d’un sujet à désirer dans une potentialité positive?
II) Potentialité positive du désir et de la conception de l’impossible.
a. Lorsque je désire, je me ne trouve pas seulement face au monde, mais participe à l’ordre du monde, mon désir n’est pas isolé du monde comme le monde ne l’isole pas en contredisant sa réalisation.
b. Distinguer nécessité et impossibilité : la réalité physique et nécessaire ne peut faire l’objet d’un quelconque désir, on appelle cela besoin. Le monde n’est pas seulement traversé par les lois de nécessité.
Transition : Ainsi, il faut désirer l’impossible, car le désir d’impossible permet de découvrir que le monde n’est pas une suite de nécessité qui en réalité me contraint au besoin, le besoin fonctionnement naturellement par limite (lorsque je mange, je n’ai plus faim, lorsque je bois je ne ressens plus la soif). Or, le désir est fonction de la liberté et non de la limite, si le monde entier était intégralement fixée par la nécessité, il serait brutalement hors de nous, et aucun homme n’aurait la possibilité même de le concevoir. Or, l’homme est libre de concevoir et désirer l’impossible, ce qui marque mon désir de la valeur de liberté.
III) Désir et liberté.
a .Lorsque je désire l’impossible, c’est ma liberté que je découvre. La liberté n’est pas seulement la puissance de faire ce que je veux faire sans contrainte, mais ma capacité à agir en fonction d’une décision que j’ai prise. Autant le règne de la nécessité ne peut faire l’objet de désir, puisqu’il convoque d’abord les besoin naturelle et physiques, autant le monde culturel dans lequel l’humanité s’est largement engagée est commandé par des déterminations sociales, historiques et économiques. La liberté serait alors résolution de surmonter ces contraintes et le désir d’impossible me fait découvrir cette liberté. (Sartre, L’être et le néant, voir concept de la neutralité du quotient de difficulté, p. 561-563).
b. La découverte de cette liberté de désirer l’impossible me permet d’intensifier le réel, pas seulement le concevoir, pas seulement le connaître et en faire une formule mathématique, mais le créer et le continuer. En ce sens, il faut conformer le désir à l’impossible, car seul l’impossible me permet de concevoir ce que ne peux encore concevoir dans la statique du monde, car le désir n’est pas seulement résonance du réel tel qu’il est, mais tel qu’il pourrait devenir.
Conclusion : Conformer le désir à l’impossible engage une interrogation sur la conception du monde. Toute la difficulté est de savoir si en désirant l’impossible je rends la réalisation du désir impossible ou si c’est la conception du monde qui rend la réalisation d’un désir soumis à l’impossible contradictoire. Les lois naturelles et nécessaires du monde ne convoquent pas du désir, mais du besoin, en ce sens, il est effectivement difficile de désirer l’impossible, car la question ne se pose en réalité qu’au prix d’une confusion entre désir et besoin. Le monde n’est pas simplement traversé par des lois nécessaires, désirer l’impossible est la brèche qui me sort de l’impuissance dans laquelle se trouve mon désir dans la réalité naturelle du monde. De cette manière, je découvre, avec le désir de l’impossible ma liberté, celle de conception et de création, d’imagination et d’intensification.