L'explication de texte
Méthodologie de l’explication de texte :
L’explication de texte ne déborde pas son énoncé, il ne s’agit ni plus ni moins d’expliquer, c’est-à-dire, déplier, développer, tout ce qui est impliqué dans l’extrait de texte proposé à l’explication. Expliquer ne se réduit pas à la subtilité de la broderie, même avec tous les fils d’or du monde. Il est nécessaire de s’en tenir au texte, en dégager le sens, la problématique et la dynamique, en rendant manifeste l’articulation de celui-ci, pas toujours explicite. L’explication de texte est un exercice, et à ce titre répond à des exigences précises, qui peuvent prendre des airs académiques ou scolaires, mais sont en réalité des outils pour se rendre un texte compréhensible à soi et à ceux et celles qui vous liront.
Comment aborder un texte philosophique pour cet exercice?
« La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question ». L’ambiguïté de cette consigne peut conduire à une grande perplexité. Comment rendre compte de la problématique d’un texte signé par un auteur dont on nous dit que la connaissance de sa philosophie n’est pas nécessaire? L’explication de texte n’est pas un commentaire et cette consigne a pour but de fixer l’attention du candidat sur le seul texte. À ce titre, la mémoire peut être aussi bien un atout qu’un piège. Un texte à expliquer n’est pas un prétexte à l’étalement de sa propre connaissance, précisément, il ne s’agit pas de soumettre le texte à sa volonté mais d’en faire le guide unique, dans le cadre de l’exercice, de sa réflexion pour en saisir une problématique interne à ce même texte. Il faut alors expliquer tout le texte, que le texte.
Le travail au brouillon : lire un texte.
Un outil : le crayon à papier. Détail à priori négligeable, mais il ne faut surtout pas hésiter à écrire, prendre des notes et organiser le développement du texte par et pour le texte. Ainsi, le texte perd son allure monolithique et de cette manière, commencent les moments d’appropriation et d’analyse de son contenu après plusieurs lectures. Cette appropriation du texte s’accompagne sans cesse d’une interrogation sur les enjeux, la dynamique, le développement, la progression de l’argumentation du texte. C’est un travail de patience, le sens du texte ne se donne pas immédiatement, il se nuance et se conquiert au rythme de celui-ci auquel il ne faut accorder ni transparence ni obscurité. Tout texte est compréhensible et toute évidence est à bannir.
La réalisation de l’explication de texte.
*L’introduction.
L’introduction est l’élément crucial de l’explication de texte. D’abord, elle ne peut être rédigée sans avoir préalablement dégagé les problèmes du texte. Même si l’introduction est première dans l’ordre de la lecture, il est préférable de la rédiger au moment ou les problèmes et la progression du texte a été assurée par le travail d’analyse au brouillon. Dans son principe, l’introduction ne fait qu’introduire, il est alors nécessaire de bannir toute tentative d’analyse dès l’introduction. À ce titre, elle se limite à la brièveté et la clarté. Brève dans la mesure où sa fonction n’est pas l’analyse, elle ne dépassera pas une demie page, au risque de commencer à déborder sur d’autres éléments de l’explication de texte. Clarté, autrement dit, annoncer simplement les enjeux et les axes du texte. Inutile de tourner autour du pot, il faut immédiatement rentrer dans le vif du sujet. Pour cela, il faut annoncer le thème ou objet du texte, la thèse de l’auteur, les enjeux et enfin les mouvements du texte
Le thème ou l’objet du texte.
Repérer le thème d’un texte est fondamental dans la mesure où cela permet de mettre en place les limites à ne pas dépasser et donc de ne pas basculer dans un hors sujet. Nous pouvons nous poser une question simple pour s’assurer de la pertinence du thème : est-ce que ce thème correspond effectivement à la totalité du texte et pas seulement à une de ces parties. Une fois cette exigence accomplie, il suffit de présenter le thème par une phrase courte.
La thèse de l’auteur dans ce texte.
La thèse de l’auteur est la position du philosophe prise par rapport au thèse et particulièrement eu problème énoncé dans ce thèse. Cette thèse présente le cœur nodal du texte, elle doit alors être clarifiée et identifiée, il est aussi possible d’en mesurer l’originalité par rapport au thème. Une phrase court de présentation est suffisante, elle peut prendre une forme interrogative.
Les enjeux du texte.
Qu’est-ce que la position de l’auteur signifie par rapport au thèse proposé dans le texte. Encore une fois, l’exigence de brièveté est souhaitée. Pour développer les enjeux, nous pouvons nous poser les questions suivantes : qu’est-ce que la thèse soutenue dans le texte implique par rapport au thème? Quels sont les risques, les gains, les pertes, dans tel domaine à cause de tel énoncé ou telle position? Il s’agirait de clarifier le point de vue singulier de l’auteur dans le texte.
Les mouvements du texte
Ces moments ne sont rien d’autre que les différents axes du texte dynamisés par les moments permettant les passages d’une partie à une autre. À éviter dans « la première partie », « la seconde partie » etc. Préférer à cela l’énonciation de des « titres » des différents moments du texte pouvant prendre une forme interrogative.
Ces quatre éléments qui permettent la réalisation d’une introduction sont intimement liés et ne peuvent se comprendre séparément. Ainsi, malgré la dimension apriori si scolaire de l’introduction, nous retrouvons déjà une profonde exigence d’analyse qui se joue et surtout, qui trouve les moyens de s’exprimer par les éléments indiqués. Mettre à jour le thème, la thèse, les enjeux et les grands axes d’un texte, sont des guides à la réflexions et leurs cotés académiques sont importants pour un débutant pour qui elles deviendront de véritables moyens philosophiques d’intégrer un texte au fur et à mesure de la pratique, et au fil des lectures de différents textes.
*La réalisation de l’explication
La rédaction de l’explication à proprement dite se fixe sur les détails, moment par moment, en fonction du texte et de façon linaire. Je ne donnerais ici que les indications qui me semblent nécessaires.
-Repérer les termes importants en les étoffant par les notions philosophiques sans sortir du cadre du texte. Si un des termes est « « état », il est inutile de s’attarder longuement sur sa définition générale si ce n’est pour la rattacher à la singularité du contexte du texte.
-Interroger la progression du texte et les problèmes rencontrés, dont on doit trouver les solutions dans le texte.
-Dégager les articulations du texte en les faisant apparaître dans les transitions problématisantes, ou par des tensions qui permettent de saisir une nouvelle étape dans la progression de l’argumentation (encore une fois, de façon linéaire).
-S’il y a des exemples, les souligner en en mesurant la pertinence par rapport à l’argumentation de l’auteur (la valeur de l’exemple est fondamentale en philosophie).
Dans tous les cas de figure, il est nécessaire de progresser dans le texte de façon linéaire jusqu’à la fin du texte, en fixant son attention sur le moindre détail et en prenant garde de bien argumenter (seul moyen de ne pas paraphraser le texte).
*Conclusion.
Il n’y a pas 36 moyens de conclure, il suffit de respecter à nouveau un principe de sobriété.
-Répondre aux questions posées de façon claire et succincte.
-Clôturer le sujet dans la mesure du possible.
-Éviter les « ouvertures », sauf si votre professeur vous demande le contraire lorsqu’il effectue lui-même un précis de méthode (la question n’est pas été tranchée pour les classes terminales).